mardi 19 septembre 2017

À L'Acadie, un personnage historique...




Parfois, Québec sait reconnaître les mérites de ceux qui nous ont précédés.
 
Mère Marie-Léonie (1)
Ainsi, c’est le cas d’Alodie-Virginie Paradis qui, sous le nom de Sœur Marie-Léonie, sera connue comme femme de tête, fondatrice de solides institutions et qui, en 1984, sera béatifiée par le pape Jean-Paul II.

Elle vient, le 20 décembre 2016, d’être désignée « personnage historique » par le ministère de la Culture.

Alodie-Virginie est née à L’Acadie le 12 mai 1840 et, dès son plus jeune âge, elle est guidée vers la vocation religieuse, laquelle vocation se concrétisera en 1857 avec la prononciation de ses vœux et le choix du nom de Sœur Marie-Léonie dans la communauté des Sœurs de Sainte-Croix.

Âgée d’à peine 17 ans, elle est tout de suite  chargée d’enseignement dans la région de Montréal avant d’être affectée aux États-Unis en 1862 où, jusqu’en 1874, elle enseignera à New York, en Indiana puis au Michigan.

En 1874, à l’âge de 34 ans, elle est affectée au collège Saint-Joseph de Memramcook, au Nouveau-Brunswick, collège qui venait d’être fondé à peine dix ans plus tôt pour valoriser la conscience collective des Acadiens.
Collège Saint-Joseph (2)

 C’est dans ce poste qu’elle prend conscience des énormes besoins des Pères en matière de soins domestiques de base et c’est là qu’elle décide, en 1880, de fonder une nouvelle communauté de sœurs – l’Institut des Petites Sœurs de la Sainte Famille – pour assurer l’intendance dans  les collèges,  séminaires, évêchés et maisons de formation de prêtres.

15 ans plus tard, elle décide de déménager le siège de sa communauté à Saint-Jean, mais l’évêque de l’époque, John Sweeny, lui en refuse l’autorisation.

Peu décidée à se laisser intimider, elle se tourne
Mgr Paul Larocque (3)
immédiatement vers l’évêque de Sherbrooke, Mgr Paul Larocque, qui l’accueille, lui, à bras ouverts.

À partir de là, la communauté connaît une expansion quasi explosive.

On la voit desservir 42 maisons au Québec, en Ontario, au Nouveau-Brunswick et aux États-Unis.

En 1912, année de son décès, Mère Marie-Léonie présidait une communauté de 600 sœurs.

Quand on songe qu’il se trouve encore des commentateurs pour prétendre que les Québécois n’ont ni sens de la gestion ni ouverture sur le monde…

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(1) Source : JdeM
(2) Source : Wikipédia 

(3) Source : http://www.biographi.ca/fr/bio.php?id_nbr=8227

mardi 12 septembre 2017

LE PREMIER



Fort Saint-Jean vers 1750.



Saint-Jean vient de célébrer le 350e anniversaire de sa fondation.

En fait, ces célébrations ont souligné avec apparat la construction du premier fort, en 1666[1].

Mais, durant fort longtemps, la région n’aura été occupée que par des militaires.

En effet, le Richelieu – qu’on appelait la rivière des Iroquois, à l’époque – constituait une voie toute trouvée pour les raids amérindiens meurtriers.

Malgré les prodiges du régiment de Carignan, la région était vraiment trop dangereuse pour que des civils s’y installent.

Pourtant, le besoin s’en faisait sentir avec de plus en plus d’insistance et, en 1755, confiant en l’avenir, Joseph-Jacques Payan, dit Saint-Onge, se fait concéder une terre au nord du fort et près de la rivière.

Nous avons là le premier colon de Saint-Jean.

Toutefois, bien que détenteur d’une terre de 60 hectares, Payan n’était agriculteur que de nom.
 
Modèle de goélette.  Source : Wikipédia
En fait, il assurait le transport de munitions entre le fort Saint-Jean et les forts français érigés le long du Richelieu ou en bordure du lac Champlain : Fort Frédéric, Ile aux Noix, Fort Chambly et peut-être Fort Carillon.

Il avait d’ailleurs été affublé du surnom d’ « amiral du lac Champlain », ce qui soulignait avec éclat son occupation principale.

Durant la guerre d’invasion britannique, Payan, dirigeant sa goélette LA VIGILANTE, se couvrit de gloire en faisant s’échouer les navires ennemis ou en échappant à leurs manigances.

Après la guerre, il se retira à Chambly, mais il n’en mérite pas moins le titre de premier colon de Saint-Jean, puisqu’il s’y était installé à l’extérieur du fort avec son épouse Marie Legris et sa famille.


[1] Encore que cette date varie d’une année ou deux selon les auteurs consultés...



mardi 5 septembre 2017

MOEURS ÉLECTORALES... ANCIENNES ?




En cette période où notre gouvernement se trouve aux prises avec des scandales éthiques à répétition, les élus ont souvent du mal à convaincre les citoyens de leur honnêteté.


Il faut cependant se rendre à l’évidence que dès la naissance de la confédération canadienne, en 1867, c’était déjà le cas.


En fait, à cette époque, les illégalités de toutes sortes étaient si répandues parmi les députés - de toutes les couleurs politiques, soit dit en passant – que ceux-ci se gardaient bien de laisser à des examinateurs indépendants le soin de les juger.


Au contraire, l’assemblée législative - comme l’Assemblée nationale s’appelait à l’époque - se réservait le soin de juger elle-même les allégations visant les siens.


Un comité spécial était constitué à chaque session, et l’intérêt bien compris de tout le monde consistait à faire traîner les choses, puisqu’un nouveau comité était constitué à chaque session, ce qui l’obligeait à reprendre depuis le début et à faire durer jusqu’à la suivante.



C’est ainsi que presque aucune plainte de vol d’élection, de supposition de personne, de viol du secret du vote, d’influence indue etc. ne fut retenue, soit parce qu’on y trouvait un vice de procédure, soit qu’une autre cause, due aux retards voulus, empêchait de trancher.


Tel fut le cas notamment de Joseph Beaudreau, élu député conservateur du comté de Richelieu en 1867.


Saisi d’une plainte en contestation de cette élection, le comité de l’assemblée réussit à étirer les procédures durant deux ans et, en 1869, le député décède en fonction sans que son cas ait été éclairci.


Il faudra en fait attendre 1872 pour qu’une loi charge dorénavant la Cour supérieure de trancher toutes les causes de contestation d’élection.