mardi 14 novembre 2017

LES RISQUES DU MÉTIER




Qui a dit que le métier d’archéologue est sans danger ?

Sûrement pas les fanatiques d’Indiana Jones et sûrement pas, maintenant, ceux qui menaient des fouilles au collège militaire en 2012.

Cette année-là, le collège prévoyait effectuer d’importants travaux sur ses terrains et, à titre de site patrimonial classé, il devait auparavant s’assurer qu’aucun artéfact archéologique ne se trouvait sur les lieux des futurs chantiers.

 
Source : Journal de Montréal
En ce jeudi 16 novembre, donc, des archéologues procédaient à l’analyse des terrains visés lorsqu’ils ont trouvé une bombe datant, selon toute vraisemblance, de la Première Guerre Mondiale.
 
Un périmètre de sécurité a immédiatement été érigé et les spécialistes de Val-Cartier sont venus désamorcer l’engin….

Plus de peur que de mal, mais journée déstabilisante néanmoins.

mardi 7 novembre 2017

CAVEAT EMPTOR...




Caveat emptor (que l’acheteur se méfie).

Telle était la maxime du droit dans la Rome impériale.

À cette époque, évidemment, on pouvait considérer que l’acheteur et le vendeur jouaient à peu près à armes égales et que les tricheries de l’un pouvaient – peu ou prou – être décelées par l’autre.

Mais, tout aussi évidemment, cette relation d’égalité s’est détériorée et il a fallu que les services publics embauchent éventuellement divers spécialistes pour déceler des fraudes de plus en plus sophistiquées.

Au tournant du 20e siècle à Saint-Jean, par exemple, la municipalité avait embauché le Dr J. O. Guy pour inspecter les aliments en vente dans le territoire.

Et, d’après ses rapports, la situation était loin d’être rose.


Le Canada français du 8 novembre 1907 nous résume un rapport du Dr Guy, rapport qui a tout lieu de susciter les craintes les plus vives…
 
Le marché au tournant du 20e siècle
Le Dr Guy a beau multiplier les mises en garde et les appels à l’action, le Conseil municipal ne bouge pas, même si, à la même époque, sévit une épidémie de typhoïde liée au mauvais service offert par la compagnie privée exploitant les aqueducs de la ville.

Sans doute découragé, le Dr Guy remet sa démission en juillet 1909.



Ce départ est accepté sans commentaire et sans aucun sentiment de culpabilité…

mardi 31 octobre 2017

UN CADEAU REMARQUABLE...





Le Canada français du 31 octobre 1902 nous apprend que le célèbre chirurgien Henri Lasnier a fait un cadeau princier au club Richelieu de Saint-Jean :  un canon ayant servi lors de la révolte des Patriotes en 1837.
 
Célèbre chirurgien, en effet, car le Dr Lasnier sera le premier radiologue montréalais.  

Docteur Henri Lasnier (1)
Reçu médecin en 1895, il part en France se former aux hôpitaux d’Auteuil et Saint-Antoine de même qu’à l’Institut Pasteur.

Il se trouve donc en Europe lors de la découverte des rayons X par Roentgen et il s’y intéresse immédiatement, car il saisit tout le potentiel médical de ce nouveau phénomène.

 Il passe ensuite à Londres où il exerce comme chirurgien au London Hospital avant de revenir à Montréal, en 1900, muni d’un tube à Rayons X de la très renommée société Gaiffe-Gallot & Pilon, un des établissements les plus en vue dans la construction d’appareils scientifiques.
 
Tube de Gaiffe (1)

À peine revenu, il ouvre une clinique rue Saint-Denis, à Montréal, tout en dirigeant bientôt le laboratoire de Rayons X installé Avenue des Pins, avant de devenir radiologiste attitré à l’hôpital Sainte-Justine, en 1909, et d’assurer à son bureau le service d'électricité médicale de l’hôpital.

Puis il s’installe quelques années dans l’Ouest canadien avant de se trouver à Malte, en 1915, comme médecin militaire durant la première guerre mondiale. 

Mais là n’est pas notre propos.

Ce qu’il faut noter c’est que même très bien installé dans sa carrière montréalaise, il ne négligeait pas Saint-Jean pour autant puisque tous les samedis il offrait des consultations médicales dans une maison de la rue Champlain.

Le don du canon devait s’expliquer par les liens que le bon docteur maintenait avec Saint-Jean.
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(1) Source :

Quand un instrument engendre un groupe social :  histoire de la profession de radiologiste au québec, 1895-1960, thèse présentée comme exigence partielle du doctorat en histoire, alain couillard, uqam, décembre 2015.