mardi 16 janvier 2018

LE CERVEAU DE SAINT-BLAISE...




Notre cerveau est considéré comme le système le plus compliqué de tout l’Univers connu.
 
Sophie CARON (1)
C’est peu de dire que son mode de fonctionnement est fort loin d’être compris, mais la Blaisoise Sophie Caron a entrepris d’insérer un peu de clarté en ces domaines.

Elle cherche notamment à comprendre comment le cerveau met de l’ordre dans toutes les perceptions qu’il reçoit sous forme de lumière, de son, de chaleur ou de produits chimiques comme les odeurs par exemple.

Autrement dit, comment le cerveau arrive-t-il à se faire une représentation cohérente du monde extérieur à partir de données si minimes ?

Bien que ce sujet semble à première vue impénétrable, il attire l’attention et, en 2013, elle a été finaliste au célébrissime Prix international Eppendorf de neurobiologie alors qu’elle était post-doctorante à l’Université Columbia, de New York.

Depuis, elle enseigne la biologie à l’Université de l’Utah tout en poursuivant ses recherches sur le fonctionnement du cerveau.

Notre région, qui a déjà fourni d’illustres savants ou artistes, s’ajoute ainsi une nouvelle étoile.
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(1) SOURCE :  http://www.bioscience.utah.edu/faculty/caron/


mardi 9 janvier 2018

LA MONTAGNE À ROMÉO COUPÉE À BLANC ?


Source : wikimini


Dans le bon vieux temps, comme on dit, la colline qui se dresse en bordure du rang Saint-André dans le sud du territoire de Saint-Bernard-de-Lacolle servait de pacage communautaire pour les éleveurs des environs et c’était un spectacle apprécié de voir les jeunes enfants des fermiers se transformer en bergers pour y mener ou en ramener les bêtes.

Délaissée ensuite durant quelques années, cette colline qu’on continue d’appeler familièrement la Montagne à Roméo (du nom de son ancien propriétaire Roméo Guay) est revenue brutalement dans l’actualité locale lorsqu’elle a été achetée par un promoteur qui prévoyait la raser à blanc.

Vue l’émotion générale suscitée par ce projet, le maire René Dupuis et son conseil décident, en 1986, d’acheter le site dans une perspective récréo-écologique.

Divers aménagements y sont entrepris dont le tracé de pistes de ski et de sentiers pédestres, creusage d’un étang servant de patinoire l’hiver, installation d’un camp scout etc.

Vue aérienne partielle du parc - Source :  Google
L’initiative est très appréciée et les projets vont bon train, mais le nouveau conseil dirigé par le maire André Garceau s’inquiète.

Le parc est situé en zone agricole.  La Commission de protection du territoire agricole a permis son utilisation à des fins autres qu’agricoles, mais de l'avis du conseil cette autorisation ne protège pas vraiment contre les appétits des promoteurs ni contre les nouvelles orientations éventuelles des futurs élus de la municipalité.

D’où l’idée se soumettre, en 1994, un projet de loi privé visant à assurer la pérennité du parc.

Il est très bien accueilli tant par le parti libéral au pouvoir (pour quelques mois encore) que le parti québécois et son adoption ne soulève aucune objection.

C’est ainsi que le 17 juin 1994 entre en vigueur la Loi concernant l'établissement du parc municipal de Saint-Bernard-de-Lacolle, loi qui institue la montagne à Roméo « parc municipal de la Municipalité de Saint-Bernard-de-Lacolle », ce qui le soustrait à l’emprise de la CPTAQ et lui assure la permanence.

Depuis, des aménagements supplémentaires ont été réalisés et le parc ne cesse d’augmenter ses attraits.

mardi 19 décembre 2017

ENSEIGNER EN PRISON...




Soeur Blondin - Archives de la communauté
En 1850, Esther Blondin fonde à Vaudreuil la communauté des sœurs de Sainte-Anne à la fois pour former les futures enseignantes des écoles de rang et pour  enseigner elles-mêmes afin de relever le niveau jugé désastreux du système scolaire.

Dès l’année suivante, la communauté entreprend de s’installer dans les villages avoisinants et en 1857 elle arrive déjà dans la paroisse de Saint-Cyprien-de-Napierville où les a invitées le curé Charles-François Calixte Morisson.

Elles s’y installent dans l’ancienne chapelle et connaissent rapidement le succès, même si à cette époque elles ne peuvent accueillir de pensionnaires.

Malgré ce handicap, elles vont former des centaines d’élèves – et même susciter de nouvelles vocations – au cours des années.

Au mois de décembre 1886, toutefois, la catastrophe frappe et la chapelle est entièrement détruite par le feu qui a également ravagé l’église Saint-Cyprien et deux maisons voisines.

La désolation est évidemment très grande, mais pas question de quitter les lieux vu le succès immense de l’institution et les attentes innombrables qu’elle a fait naître.
 
Palais de justice et prison - Source BANQ.
Hélas !  Les immeubles disponibles ne sont pas légion au village, alors c’est sur la prison installée dans le palais de justice qu’il faut se rabattre en attendant la construction d’un édifice spécialement conçu pour répondre aux besoins modernes en matière d’enseignement et d’internat de jeunes filles.


Durant plus de deux ans donc, religieuses et élèves devront endurer un surcroît d’inconfort derrière les barreaux pour assurer la transmission du savoir.

Heureusement pour elles, le nouveau couvent devient disponible en 1889.  Il a été érigé en même que l’on reconstruisait l’église.


Inauguré le 1er septembre de cette année, il restera en service jusqu’en 1989, année où il a été vendu à un promoteur qui l’a transformé en résidence pour personnes âgées.

mardi 12 décembre 2017

À BIDDEFORD, MAINE, UN DES NÔTRES...






À la fin du 19e siècle, s’est installé à Biddeford, sur la Saco, dans le Maine, pas très loin de Old Orchard, un journaliste de choc bien de chez nous.


Alfred Bonneau, un Johannais né en 1862, formé au droit et à la comptabilité, s’est trouvé si dégoûté de la Confédération canadienne et de ses volontés ethnocides contre les Canadiens-français qu’il décide, en 1889, d’émigrer dans le Maine aux États-Unis.


Là, il s’intègre rapidement aux milieux canadiens-français influents et durant 4 ans, de 1889 à 1893, il se fait journaliste au journal L’Étoile, de Lowell.


Ceci lui permet de mieux saisir encore le sort tout à fait inacceptable imposé aux siens et le pousse à s’impliquer dans divers organismes voués à la « survivance » de notre peuple.


En 1893, il accepte la direction de L’Observateur de Biddeford où il peut lancer toute la dureté de sa plume contre les Anglo-saxons qui dominent le continent.


Pour lui, «cette race, issue de criminels, d’indigents et de prostituées ne s’est enrichie que par le viol, la spoliation, le massacre, la traite des esclaves, la vente du rhum aux Indiens et la contrebande.»  

Rien ne peut vraiment la racheter.


Ces volées de bois vert lui valent évidemment de nombreux applaudissements dans les milieux qui comptent et lui permettent notamment d’obtenir la main d’Anna Tétrault, fille de Narcisse Tétrault, boulanger, pâtissier et influent homme d’affaires du lieu.

Tiré de «Le guide français de la Nouvelle-Angleterre»



Solidement en selle désormais, il fonde La Justice qu’il dirigera jusqu’à sa mort en 1920 et dont il fera à la fois un organe de diffusion culturelle canadienne-française, de lutte pour la « survivance» et de combat contre la bâtardise des anglo-protestants étatsuniens de même que contre les évêques irlandais tous tournés vers la disparition pure et simple du fait français.



Alfred Bonneau mènera ces combats jusqu’à sa mort en 1920, ayant notamment milité dans la commission scolaire, à l’assistance publique, au Conseil Chagnon de l’Union Saint-Jean-Baptiste d’Amérique, à la Société historique franco-américaine ainsi qu’à la Société Saint-Jean-Baptiste de Bienfaisance et des Artisans.


La réputation de M. Bonneau s’étendait évidemment jusqu’au Québec et le Canada Français n’a notamment pas manqué de souligner, le jeudi 14 décembre 1893, sa prise en main de L’Observateur.