mardi 15 mai 2018

LE SHORT N’A PAS LA COTE




Longtemps appelé culotte courte, le short connaît une grande vogue après guerre, autant chez les hommes que chez les femmes, au grand scandale des autorités religieuses qui y voient un intolérable instrument de tentation.

Ces mêmes autorités ont fait assaut de démarches auprès des élus municipaux d’un peu partout et, à Saint-Jean, un règlement interdisant le port de ce type de vêtement dans les endroits publics de la ville a été adopté « pour sauvegarder la moralité ».

Mais il faut bien constater que même en vigueur le règlement reste à peu près lettre morte, ce qui enrage encore davantage la hiérarchie.

Le comité paroissial d’Action catholique est alors envoyé au front pour demander au maire Alcide Côté et au conseil municipal de sévir.

L’engagement en est pris lors de la réunion régulière du Conseil du 3 mai 1948, comme le rapporte le Canada Français…



Rien n’empêchait les élus, à l’époque, de décréter comment les gens pouvaient s’habiller…

mardi 8 mai 2018

QUAND LE BLOCKHAUS DE LA RIVIÈRE LACOLLE INQUIÉTAIT.




Comme chacun sait, le Blockhaus de la rivière Lacolle – situé à Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix – a été construit pour faire face à l’invasion des États-Uniens lors de la guerre anglo-américaine de 1812 et suivantes.

Il servira, en 1814, lors du raid mené par l'armée du général Wilkinson et sera le site d’une furieuse bataille au cours de laquelle les envahisseurs furent repoussés, bataille qui marquera la fin des incursions militaires étatsuniennes chez nous.

À la fin des hostilités, le blockhaus, étant devenu militairement inutile, sert successivement d’abri pour meuniers puis pour travailleurs agricoles.

Vendu en 1935, il devient un modeste musée d’histoire régionale, mais en 1948 devant la faible rentabilité, le blockhaus est menacé d’abandon et même de démolition pure et simple.

Cette éventualité sème l’inquiétude dans les rangs de la Société historique de Montréal qui lance un appel à l’aide notamment à la ville de Saint-Jean.

Toutefois, c’est Québec qui répond : l’ouvrage est acheté en 1950, classé en 1960 puis restauré avant d’être ouvert au public.

Ouf!
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* Les illustration viennent d'Internet.

mardi 1 mai 2018

UN NOUVEAU PONT ?


Nous sommes en 1978 et Saint-Jean reçoit une bonne nouvelle : le pont qu’on lui promet depuis 1969 sera enfin construit…
Les plans et devis sont à l’étude et les travaux pourraient débuter à un moment de l’année 1980 et durer au moins deux ans.
SOURCE : CANADA FRANÇAIS
Il devrait suivre grosso modo l’emprise de l’ancienne voie ferrée du CN et relier plus ou moins la 1ère avenue d’Iberville à la rue Frontenac dans Saint-Jean.
SOURCE : CANADA FRANÇAIS
Côté Saint-Jean, toujours, l'ouvrage surplomberait le club nautique.
SOURCE : FOURSQUARE
Le pont aurait plus ou moins la même allure que le pont Marchand, mais sans déboucher sur une véritable autoroute, qui risquerait de former barrière dans les deux villes.
Au contraire, il est prévu aménager un boulevard urbain, avec trottoirs, mais en limitant le nombre de feux de circulation afin d’assurer une circulation fluide.
Les travaux devraient durer au moins deux ans, mais il est difficile pour le moment d’en évaluer le coût tant que les plans et devis ne sont pas achevés.
Le budget n’en a pas encore été adopté et ne le sera que le moment venu… moment qui n’est manifestement pas encore arrivé.

mardi 24 avril 2018

CATASTROPHE


 
Source : Canada français

Il y a 30 ans, jour pour jour, le Canada français tombait victime d’un incendie ravageur qui allait détruire une bonne partie du patrimoine matériel de l’entreprise, mais qui n’allait en rien entamer la volonté bien arrêtée de continuer affichée tant par la direction que par les artisans.
En ce dimanche fatidique du 24 avril 1988, vers une heure du matin, les pompiers sont alertés et arrivent en trombe sur les lieux pour constater que les flammes, qui semblent avoir pris naissance dans la cage d’escalier menant du deuxième au troisième étage, se sont déjà très largement répandues dans l’édifice.
Il faudra au moins 4 heures à la trentaine de pompiers dépêchés sur place pour venir à bout de la conflagration.
Une évaluation sommaire des dégâts permet alors de constater que les flammes se sont cantonnées dans les étages supérieurs, mais que le rez-de-chaussée  a été dévasté par les tonnes d’eau utilisées pour combattre l’élément destructeur.
Pire encore, les archives du journal, une partie des archives de l’ancien premier ministre Félix-Gabriel Marchand, des dizaines de milliers de photos, de même que les fichiers, les bottins téléphoniques personnels ainsi que les reportages en cours des journalistes, le système informatique, les lettres des lecteurs, une bonne partie des petites annonces ont été perdus.

En tout, les dommages sont évalués à 2 millions de dollars et l’édifice semble une perte totale.
Mais l’heure n’était pas au découragement.
Très rapidement, de nouveaux locaux sont trouvés, le personnel et une armée de bénévoles se sont affairés à récupérer et à déménager ce qui pouvait l’être.
En un rien de temps, les bureaux administratifs et de publicité, la salle de montage et la rédaction étaient à pied d’œuvre et le mercredi 27, 3 jours après le sinistre le journal publiait une édition hebdomadaire complète, augmentée d’un cahier spécial sur la calamité qui venait de sévir.
Levons rétrospectivement nos chapeaux pour saluer cette réussite exceptionnelle.

mardi 17 avril 2018

SOLIDARITÉ EN PAUSE

Le Canada a toujours été, dès son origine, un lieu hostile au fait canadien-français et le maintien d’une réalité francophone y a toujours nécessité des prodiges d’énergie et d’inventivité.


Au milieu du siècle dernier, c’est particulièrement vrai dans l’Alberta d’Ernest Manning.



Père Jean Patroine  (source : ACFA)
Heureusement, l'ACFA (Association canadienne-française d’Alberta) veille au grain et son nouveau président, le père oblat Jean Patoine ne manque pas d’initiative.



En 1953, il décide de faire appel aux municipalités québécoises auxquelles il demande un appui financier pour organiser un concours de français destiné à stimuler l’amour de leur langue et de leur culture chez les jeunes.



Or, le père Patoine a été ordonné prêtre en 1939 à… Richelieu.



C’est dire qu’il connaît bien notre région et c’est ainsi qu’il a adressé sa demande d’aide notamment à la ville d’Iberville.



Mauvais calcul : à la séance régulière du conseil municipal du 7 avril 1953 – séance présidée par le maire Yvon Thuot – les élus se contentent de lire la requête et décident de ne rien décider.


Canada français, 23 avril 1953


Ils choisissent en effet de laisser la lettre sur la table, ce qui veut dire qu’elle ne recevra aucune suite – pas même une réponse.



Belle démonstration de solidarité.




mardi 10 avril 2018

FOURNISSEURS IRRESPONSABLES

En cette session du conseil municipal de Saint-Jean du 6 avril 1908, l’émotion et même la colère se sont emparées des édiles.

L’inspecteur sanitaire, le docteur Guy, leur a révélé que sa visite des marchés et commerces d’alimentation a été navrante.







Il a en effet saisi du beurre ne faisant pas le poids indiqué et il a, en plus, confisqué  une carcasse de bœuf ainsi que plusieurs volailles faisandées.

Il a par ailleurs repéré un laitier qui frelate son lait en y ajoutant 50 pour cent d’eau.


Devant tous ces manquements, les conseillers municipaux ont décidé qu'il fallait agir.

Il a donc été résolu de sévir contre ce laitier, mais aucune mention n’est faite des autres contrevenants…

Mais il y a plus.

La ville est aux prises avec une poussée de fièvre typhoïde et une autre de diphtérie.

Ces maladies sont à déclaration obligatoire, mais selon le docteur Sabourin, qui est également échevin de la ville, nombre de médecins négligent cette obligation.


Résolution est alors adoptée pour servir aux médecins « un avis sévère » de se plier à la loi...