mardi 26 juillet 2016

JUDAS ISCARIOTE À SAINT-JEAN



En cette fin de 19e siècle, les partis politiques ont encore la cote et ils n’hésitent pas à organiser des cérémonies grandioses pour célébrer leurs candidats.

Ainsi en est-il, ce samedi 25 juillet 1896.

Wilfrid Laurier
Wilfrid Laurier a remporté les élections fédérales du mois de juin précédent et il vient maintenant appuyer, à Saint-Jean,  son candidat Israël Tarte.

Ce dernier a été battu dans le comté de Beauharnois alors il vient tenter sa chance dans Saint-Jean et Iberville à l’élection du 3 août…

Israël Tarte
Malgré tous les flonflons officiels, malgré la présence des Libéraux notoires et influents et malgré la bonne humeur rituelle, la candidature de Tarte provoque de nombreuses indignations.

Cela se comprend, car Tarte est l’un des plus convaincus vire-capots qui puissent s’imaginer.

Il a été successivement conservateur, pro-ultramontains, anti-ultramontains et il redeviendra tout cela avant la fin de sa vie.

Pour l’instant, il se déclare libéral avec Laurier et c’est la raison pour laquelle ses anciens associés ne l’appellent plus que « Judas Iscariote », du nom de l’ami de Jésus qui l’avait vendu aux forces de l’ordre.

Il sera néanmoins élu et tout de suite nommé ministre fédéral des travaux publics, ce qui lui permettra notamment de favoriser le raccordement des voies ferrées de l’Intercolonial à celles du Grand Tronc via le chemin de fer du comté de Drummond. 


Ce qu’il y a d’intéressant dans cela c’est que le propriétaire du chemin de fer de Drummond, James Naismith Greenshields, avait déjà donné 20 000$ à Tarte pour lui permettre de s’offrir le journal La Patrie

Il va aussi négocier l’abandon, par le Manitoba, de son obligation constitutionnelle d’offrir l’enseignement catholique et français aux élèves de la province…

Décidément, les électeurs de Saint-Jean Iberville avaient choisi tout un lot.

Même Laurier s’en rendra compte et, en 1902, il congédiera Tarte.

Sans se laisser démonter, ce dernier reviendra aux Conservateurs et sera leur principal organisateur politique en 1905.

Mais tous ces revirement imposent un lourd tribut et, le 18 décembre 1907, à l’âge de 59 ans, il décède... sans susciter grand peine.

mardi 19 juillet 2016

MEURTRE OU SUICIDE?




Le 13 juillet 1901, le cadavre d’une jeune fille est découvert flottant dans le canal devant l’Île Sainte-Thérèse.


On constate rapidement qu’il s’agit de Theresa Macdonald, une servante à l’emploi de Me P.A. Chassé de la rue Saint-Charles, à Saint-Jean.


Là-dessus, les médias, ceux de Saint-Jean et ceux de Montréal, s’enflamment.


Pour certains, il s’agit d’un suicide alors que pour d’autres, seul le meurtre peut expliquer tous les faits.


Or, ces faits sont difficiles à établir.


Le 9 juillet précédent, la jeune Theresa a participé à une excursion festive sur le «Majestic», un vapeur commandé par le capitaine Ben Naylor de Noyan et qui, à l’époque, assurait notamment la liaison Lacolle-Île-aux-Noix (40¢ aller-retour).
Le «Majestic» du capitaine Naylor.


Ce jour-là, la fanfare de Saint-Jean était à bord et tous étaient invités à consommer et à danser.



Que s’est-il passé sur ce bateau ? 


Certains prétendent que Mlle Macdonald y aurait été insultée et gravement brutalisée.


D’autres affirment qu’elle avait confié à quelques uns ses envies de suicide.


D’autres encore n’ont rien remarqué.


Mais les journaux soulèvent tellement l’opinion publique que le procureur général ordonne au coroner d’ouvrir une enquête.


Une équipe est constituée, le cadavre est exhumé du cimetière, une autopsie est pratiquée et l’on arrive à la conclusion que Mlle Macdonald est morte noyée.


Nul n’ose trancher entre le suicide et le meurtre et, finalement, nul de ceux que les journaux avaient désignés comme assassins possibles n’est inquiété.


Entre la paix des âmes et un procès retentissant et peut-être sans issue, le coroner et son équipe ont décidé de ne rien décider du tout.


Mais, en dépit de cette tentative soporifique, les choses n’en restent pas là.


Le capitaine Naylor n’aime pas du tout qu’on ait sali son entreprise en laissant entendre que des désordres graves étaient tolérés à son bord.


Récusant cette insinuation, il se permet à son tour de graves accusations.


À son avis, toutes ces calomnies ont été suscitées par «certains chemins de fer» à qui il enlève la clientèle de passagers et de marchandises.


Nous serions en présence d’une manipulation sans scrupule de la population.


Dire que certains croient que ce genre de coup bas est d’invention récente…




mardi 12 juillet 2016

14 juillet





























Fêtons avec nos amis français et avec tous les amoureux de la liberté et de la démocratie.

mardi 5 juillet 2016

COMME TOUT CHANGE...


Comme chacun sait, tout change en ce bas monde, même si le changement n'est pas toujours décelable à l’œil nu.

Les images de mode sont un cas à part, comme le montre cette page tirée de la revue LA CANADIENNE du mois de juin 1920.

Pas besoin, en effet, de très longues considérations pour voir que ces robes désignées comme des «tenues de promenade» sont fort éloignées des «jeans» ultra-serrés de maintenant...