mardi 22 août 2017

LES MARISTES S’INSTALLENT.


Collège des Maristes    (1)


En 1885, à peine arrivés à Iberville, où les a appelés l’évêque de Saint-Hyacinthe, Mgr Louis-Zéphirin Moreau, les frères maristes se sont résolument mis à l’œuvre.
 
Les fondateurs (2)
Leur première tâche, outre la prise en charge de l’école de Saint-Athanase, consiste à construire un établissement d’enseignement à Iberville même.
 
Franco-canadien, 26 août 1887
Reconnaissant la valeur de cette initiative, Québec vote, en 1887, une loi (50 Victoria chap. 29) pour ériger la Congrégation des Petits Frères de Marie en corps public doté des privilèges et immunités accordées aux compagnies.

C’est que les affaires sont menées rondement.

Le collège d’Iberville est déjà capable d’accueillir une quarantaine de pensionnaires outre les élèves externes qui se pressent à ses portes.

Mais en outre, la communauté a déjà essaimé au loin, avec des implantations à Montréal, à Lewiston, dans le Maine, à Sainte-Martine, à Saint-Éphrem d’Upton et à Roxton Falls.

On peut parier que ses succès dureront longtemps.
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mardi 15 août 2017

ÊTRE UNE COLONIE N’EST PAS TRÈS INTÉRESSANT…


Le San Jacinto arraisonnant le Trent


Charles Wilkes
Le 8 novembre 1861, en pleine guerre de sécession, la frégate nordiste San Jacinto, commandée par Charles Wilkes, arraisonne le paquebot britannique Trent au large de Cuba. 

L’Angleterre, qui se voulait neutre jusque là, agite dorénavant des menaces de guerre avec les forces nordistes.

Elle se sent d’autant plus inquiète qu’elle craint de voir les armées étatsuniennes saisir l’occasion de faire main basse sur sa colonie canadienne.

Londres envoie donc une petite troupe de soldats pour parer au plus pressé, mais espère que le Canada-Uni créera une milice forte de 100 000 hommes pour assurer - à ses frais - son maintien dans l’empire

Or, le Canada-Uni, peu sensible aux menaces d’abandon proférées par Londres, ne mobilise finalement que 10 000 hommes, dix fois moins qu’exigé.

Dans un éditorial du 15 août 1862, Félix-Gabriel Marchand explique que Londres n’a rien compris.

À son avis, le lien colonial ne profite qu’à Londres et n’impose que des charges de ce côté-ci de l’Atlantique.


Si les Anglais veulent se séparer de leur colonie américaine, tant mieux.  Celle-ci ne s’en trouvera que mieux et pourra allègrement et profitablement voler de ses propres ailes.

Comme l’on sait, cependant, malgré la grande clarté de ce message, la reine d’Angleterre règne encore sur le Canada.

Quant à l’affrontement États-Unis – Angleterre, il s’est résolu par la voie diplomatique sans que le Canada-Uni soit convoqué aux négociations



mardi 8 août 2017

GUERRES INDIGÈNES

Couple abénaki



De temps immémoriaux, le continent américain a connu des affrontements sanglants et des haines inexpiables entre les diverses bandes autochtones qui traversaient le territoire.


L’arrivée des Européens et de leur demande insatiable des peaux de bêtes contribua à exacerber ces conflits meurtriers.


Cette discorde s’est notamment manifestée chez nous à l’été 1695.


À cette époque, une tribu abénakise s’est fixée près de ce qui deviendra plus tard le village de Swanton, au Vermont.


Elle y a érigé une palissade de rondins et y tient feu et lieu en cet endroit qui lui permet de commercer autant avec les Français qu’avec les Anglais.


Ils ont même baptisé les lieux Missisquoi – ce qui, dans leur langue (Massipskoik) signifie « où il y a de la pierre à fusil. »


Mais, bien que se sentant chez eux, ils n’en ont pas moins envahi un territoire que les Agniers (groupe iroquois qui occupe notamment Kahnawake, de nous jours) considèrent comme le leur.


En cet été 1695, donc, un groupe d’Agniers s’est caché dans l’île du Richelieu qui se trouve en face de l’embouchure de la rivière Lacolle.


Ils projettent un raid sanguinaire contre les Abénakis.


Heureusement pour ceux-ci, cependant, un de leurs espions a repéré silencieusement la cachette des ennemis.


Il perce la coque de tous leurs canots puis va chercher les siens pour une attaque de nuit.


Arrivés en force, les Abénakis se ruent sur les guerriers endormis et les tuent en grand nombre.


Quelques uns seulement arrivent à se jeter dans les canots pour s’enfuir, mais ce n'est que pour se noyer au milieu du courant.


En souvenir de cet exploit, la fameuse île porte le nom d’Île-aux-Têtes[1] en souvenir de ce carnage.




[1] Dans notre Québec francophone, l’île a été rebaptisée île Ash.